mardi 5 juin 2007

Législatives: La guerre des affiches n'aura pas lieu



Législatives: La guerre des affiches n'aura pas lieu.


En ce doux mois de juin et période électorale d'avant le premier tour des législatives, promenons-nous dans Mulhouse devant les panneaux d'affichage public et les colonnes Morris.

En temps normal (et on l'a observé lors de la campagne des présidentielles), un observateur aiguisé a pu remarquer qu'une guéguère des affiches a lieu, notamment entre les principaux candidats, dits "tête de gondole" notamment pour ne point les nommer les poulains des partis UMP, PS et UDF.
Au passage, le même observateur éclairé aura remarqué qu'en avril dernier, l'extrême droite était peu présente sur les affichages publiques, probablement diront les mauvaises langues en raison d'accords de fond entre UMP et FN et de récupération politicienne du candidat aux petites jambes vis-vis du grand blond à l'oeil poché.
Mais passons, on s'égare...

Donc nous disions qu'il existait une véritable bataille de l'espace d'affichage public lors de la campagne d'avant le premier tour des dernières présidentielles, et que les colleurs d'affiches recouvraient systématiquement les affiches des concurrents, qui plus est des adversaires les plus directs et les mieux placés au "top 50" des sondages.

Ce schéma se reproduit-il lors des législatives, notamment concernant les scrutins locaux du haut-Rhin?
Que nenni, bien au contraire!

En effet, rien ne dérange nos colleurs d'affiches et supporters éclairés de leurs idoles de voir cohabiter sur le même panneau (Voir photos ci-dessous):

- Patrick Binder (FN), Freyburger (PS) et Schweitzer (UDF),
- Freyburger, André Homé (PS) et Schweitzer (UDF).
Certains témoins, mais en l'absence de photos à l'appui ont aussi vu cohabiter sur le même tableau Schweitzer (UDF), Grosskott (UMP) et Freyburger (PS).

Certaines mauvaises langues diront que les copinages et alliances en vue des triangulaires du second tour entre les savonnettes de tête de gondole sont derrière tout cela...

L'important pour un homme politique n'est-il pas avant tout d'accéder à la législature?
Mais alors, après tout ça, dès les élections législatives passées, de programme politique des candidats et la fidélité des élus vis-vis des électeurs, il en restera quoi?

















vendredi 11 mai 2007

Président élu, scrutins effectifs, population et... démocratie.

Nicolas Sarkozy élu à une large majorité par 53% des français?

Surpris par ce score du candidat de l'UMP que l'on nous annonce "sans appel", je me suis interrogé sur la représentativité effective du score annoncé par les services officiels et par les presses nationales et internationales, et d'analyser leur valeur, en considération de la population des citoyens votants, des citoyens inscrits sur les listes électorales, et plus encore sur l'ensemble des citoyens qui vivent sur le sol de notre beau pays...


Tout d'abord, les résultats officiels, à quelques virgules près, tels qu'annoncés sur un des médias auxquels j'ai accès, en temps qu'humble citoyen lambda que je suis:
Source LCI, glanés sur le site le 7/06/2007 vers 10h00, que je me suis efforcé d'ordonner et de reporter sur un tableau afin de mieux les analyser:
http://tf1.lci.fr/infos/elections-2007/resultats/


Nombre Pourcentages annoncés par la presse
Inscrits 44472362
Votants 37343468 83.97%
Abstention 7128984 16.03%
Nicolas Sarkozy 18983408 53,06%
Ségolène Royal 16790611 46,94%


Quand on lit cela, on peut effectivement être amené à penser que le candidat Nicolas Sarkozy a largement emporté l'adhésion des citoyens, même si encore 16% des inscrits se sont abstenus.

Mais déjà, ce tableau est trompeur, puisqu'il n'est pas indiqué le nombre de suffrage exprimés, le nombre de bulletins blancs et le nombre de bulletins nuls, et que les pourcentages respectifs des deux candidats n'est indiqué qu'en relation aux suffrages dits "exprimés", et non en relation de l'ensemble des bulletins décomptés.

Je rétablis donc déjà cette première lacune ici bas en reportant les blancs et nuls par simple soustraction des scores des deux candidats au total du nombre de votant, puis en calculant les pourcentages respectifs en rapport au nombre d'inscrits et au nombre de votants:



Nombre
Pourcentage calculé en rapport du nombre d'inscrits Pourcentage calculé en rapport du nombre de votants
Inscrits 44472362 100,00% --------
Votants 37343468 83.97% 100,00%
Abstention 7128984 16.03% --------
Nicolas Sarkozy 18983408 42,68% 50,83%
Ségolène Royal 16790611 37,75% 44,96%
Blancs et nuls 1569449 3,52% 4,20%

Nous en arrivons donc, concernant le candidat retenu comme "Président de tous les français", au mieux à une courte majorité de 50.83% des votants qui se sont effectivement prononcés pour lui, et seulement 42.68% des inscrits.

Maintenant, voulant pousser l'analyse plus en avant, je pense à nombre de proches et voisins, français comme étrangers qui vivent et participent à la vie sociale et économique de notre pays et qui ne sont même pas, pour diverses raisons, inscrits sur les listes électorales du pays.

Pour ce faire, je reprends donc les statistiques publiées par l'organisme officiel qu'est l'Insee:

Source http://www.insee.fr/fr/ffc/ficdoc_frame.asp?ref_id=IRSOC063&doc_id=2009 :
63.8 millions de personnes.

et source http://www.insee.fr/fr/ffc/chifcle_fiche.asp?ref_id=NATTEF02107&tab_id=27
75 % ont plus de 20 ans en 2007, 25% moins de 20 ans.
En faisant une corrélation linéaire rapide, on sait qu'on a approximativement 1.25% (25/20) de la population par année de naissance pour la tranche 0-20 ans.
Ce qui conduit au taux de 77.5%, c'est à dire 49.5 millions de la population qui a plus de 18 ans et est donc en âge de voter.

En regard aux 44.47 millions d'inscrits sur les listes électorales, cela ferait donc 5 millions, soit près de 10% d'hommes et de femmes majeurs qui ne sont pas inscrits sur les listes électorales, en ajoutant les 7 millions qui se sont abstenus et les 1.5 millions qui ont voté nul ou blanc, cela fait 13.5 millions de citoyens majeurs, soit 27% de la tranche en âge de voter qui ne se sont reportés sur aucun des deux candidats restants au second tour.

Plus encore, en reportant le nombre de candidats reportés sur le candidat retenu comme "Président de tous les français", nous en arrivons à une proportion de 18.9 millions sur 49.5 millions, soit seulement 38% de la population qui a en fait réellement choisit le mettre au pouvoir le "Président de tous les français" à l'Elysée.

Je reprends donc la définition du terme "Démocratie", tel que relevé dans le dictionnaire ATILF de la langue française:


http://atilf.atilf.fr/

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Démocratie
A. Régime politique, système de gouvernement dans lequel le pouvoir est exercé par le peuple, par l'ensemble des citoyens.
--------------------------

Pouvoir exercé par le Peuple, par l'ensemble des citoyens

Bon, très bien, heureux de le savoir.

Avec près du quart (7 millions abstention + 5 millions non inscrits=12 millions, soit 24%) des hommes et des femmes de plus de 18 ans qui n'ont pas exprimé le moindre vote
dans cette élection qui a conduit au pouvoir le représentant de ce pays de ce pays, et au final moins de 40% des effectif de la population totale du pays qui a effectivement opté pour le "Président de tous les français" que l'on nous présente comme "élu au suffrage universel", on peut dès à présent s'interroger sur ce que veut effectivement dire le mot Démocratie en France, pays des lumières, et si les 60% restants se sentent effectivement représentés par ce Président de tous les Français...

Cordialement,

Gromit